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samedi 14 janvier 2017

L'inventaire des différences

VEYNE, Paul
L'inventaire des différences
Leçon inaugurale au Collège de France
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Celles ou ceux qui ont de meilleures raisons que moi d’être intrépides tremblent, m’a-t-on affirmé, pendant les heures ou les journées qui précèdent leur leçon inaugurale. Et
assurément on voit tant de raisons pour que quiconque puisse trembler devant l’un ou l’autre d’entre vous que je ne vais pas vous ennuyer en vous infligeant l’exposé détaillé des raisons de trembler qui peuvent m’être particulières. Je ne vous demanderai grâce que pour une seule de ces raisons. Vous m’avez désigné, mes chers collègues, pour occuper une chaire d’histoire romaine. Or vous me voyez tout à fait persuadé que l’histoire existe, ou du moins
l’histoire sociologique, celle qui ne se borne pas à raconter, ni même à comprendre, mais qui structure sa matière en recourant à la conceptualisation des sciences humaines, appelées aussi sciences morales et politiques. Vous me voyez non moins persuadé que les Romains ont existé réellement ; c’est-à-dire qu’ils ont existé d’une manière aussi exotique et aussi quotidienne à la fois que les Tibétains, par exemple, ou les Nambikwara, ni plus, ni moins ; si bien qu’il devient impossible de les considérer plus longtemps comme une sorte de peuple valeur. Mais alors, si l’histoire existe et les Romains aussi, existe-t-il une histoire romaine ?
L’histoire consiste-t-elle à raconter des histoires selon l’ordre du temps ? La réponse, pour le dire tout de suite, sera non, formellement, et oui, matériellement. Oui, car il existe des
événements historiques ; non, car il n’existe pas d’explication historique. Comme mainte autre science, l’histoire informe ses matériaux en recourant à une autre science, la sociologie.
De la même manière, il existe bien des phénomènes astronomiques, mais, si je ne m’abuse, il n’existe pas d’explication astronomique : l’explication des faits astronomiques est physique.
Il demeure qu’un cours d’astronomie n’est pas un cours de physique.

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La forme des crises: Logique de épistémologie

La forme des crises: Logique de épistémologie
by Daniel PARROCHIA (Author)

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Malgré l’accroissement massif de nos connaissances, y compris dans les domaines de la sécurité et de la fiabilité des systèmes, nous continuons de vivre aujourd’hui dans un monde changeant, qui connaît le risque, la menace et l’aléa – l’intensification des communications, mais aussi celle du «bruit». Au surplus, la complexité des sociétés technologiques avancées, le phénomène économique de la dernière «mondialisation», la situation internationale issue de la fin de la guerre froide et ses nombreux effets «pervers» (décomposition des blocs, multiplication des États, guerres périphériques…) nous amènent à devoir affronter désormais de façon assez régulière le surgissement de l’irrégulier, autrement dit, le phénomène des crises. Cet ouvrage, qui en analyse différentes formes (mutations métaphysiques, crises psychologiques, sociales, économiques, stratégiques, défaillances technologiques ou ruptures scientifiques), essaie aussi d’en construire des modèles, à la fois qualitatifs et quantitatifs. Il tente de relever ce nouveau défi posé à la rationalité, et qui la pousse à ses limites, sinon au paradoxe: repérer des «signaux faibles», prévoir l’imprévisible, gérer l’ingérable, maîtriser le chaos: en bref, construire – si c’est possible – une véritable «logique des crises».
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vendredi 13 janvier 2017

Le présent liquide

BAUMAN, Zygmunt
Le présent liquide

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Notre société engendre de nouvelles peurs. Car la modernité, devenue " liquide ", a fait triompher l'incertitude perpétuelle : la quête de sens et de repères stables a laissé la place à l'obsession du changement et de la flexibilité. Le culte de l'éphémère et les projets à courts terme favorisent le règne de la concurrence au détriment de la solidarité et transforment les citoyens en chasseurs ou, pis, en gibier. Ainsi le présent liquide sécrète des individus peureux, hantés par la crainte de l'insécurité.
L'un des plus grands sociologues contemporains porte un regard sans concession sur l'insécurité sociale et s'interroge sur la fin des utopies.
Extrait:
...« Si tu veux la paix, œuvre pour la justice », disait la sagesse antique ; et, contrairement au savoir, la sagesse ne vieillit pas. L’absence de justice fait obstacle à la paix, aujourd’hui comme il y a deux millénaires. Cela n’a pas changé. Ce qui a changé, c’est que la « justice » est à présent une question planétaire, mesurée et évaluée par le biais de comparaisons planétaires, et ce pour deux raisons.
D’abord, sur une planète quadrillée par les « autoroutes de l’information », rien de ce qui se passe dans une partie du monde ne peut rester, en acte ou du moins en puissance, dans un « ailleurs » intellectuel. Il n’existe aucune terra nulla, aucun blanc sur la carte mentale, aucun pays, aucun peuple inconnaissable ou même inconnu. La misère humaine de lieux reculés et d’autres modes de vie lointains, tout comme l’extravagance humaine d’autres lieux reculés et d’autres modes de vie lointains, nous est montrée et imposée par les images électroniques de manière aussi poignante, scandaleuse ou humiliante que la détresse ou la prodigalité ostentatoire de nos voisins quand nous nous promenons dans les rues de la ville.
Les injustices grâce auxquelles nous nous formons un concept de justice ne se limitent plus à notre entourage immédiat, elles ne proviennent plus de la « privation relative » ou du « différentiel des salaires » par rapport à nos voisins ou à ceux qui occupent les catégories proches de la nôtre dans la hiérarchie sociale.
Ensuite, sur une planète ouverte à la libre circulation du capital et des biens, tout ce qui se produit à un endroit donné influe sur la vie, les espoirs et les attentes des hommes dans le reste du monde. Rien ne peut être raisonnablement considéré comme appartenant à un « ailleurs » matériel. Rien n’est réellement ou ne peut demeurer longtemps hors d’atteinte,
indifférent à tout le reste. Le bien-être d’une société n’est jamais sans lien avec la misère d’une autre. Pour reprendre la formule succincte de Milan Kundera, cette « unité de l’humanité » qu’entraîne la mondialisation signifie surtout que « personne ne peut s’échapper nulle part».
Comme l’a souligné Jacques Attali dans La Voie humaine
, la moitié du commerce mondial et plus de la moitié des investissements ne profitent qu’à vingt-deux pays où
résident seulement 14 % de la population planétaire, alors que les quarante-neuf pays les plus pauvres, habités par 11 % de la population mondiale, se partagent seulement 0,5 % du produit
global, soit à peu près le revenu combiné des trois hommes les plus riches de la planète.
Quatre-vingt-dix pour cent de la richesse totale sont concentrés dans les mains de tout juste 1 % des habitants de la planète. Et l’on ne voit pas ce qui pourrait endiguer la marée mondiale
de polarisation des revenus, qui continue à monter dangereusement.
Les pressions visant à percer et à démanteler les frontières, communément appelées « mondialisation », ont accompli leur travail, avec de rares exceptions qui sont en train de disparaître très vite ; toutes les sociétés sont aujourd’hui bel et bien grandes ouvertes,matériellement et intellectuellement. Combinez ces deux formes d’« ouverture » et vous comprendrez pourquoi à tout préjudice, à toute privation relative ou négligence délibérée, où que ce soit, s’ajoute l’injustice, le sentiment qu’un tort a été commis, qui appelle réparation,
mais surtout qui crie vengeance…"
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Les aventures d'un idéaliste et autres nouvelles inédites

Singer, Isaac Bashevis
Les aventures d'un idéaliste et autres nouvelles inédites
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« Les treize nouvelles qui composent cet ouvrage ont paru, à l’origine, comme presque tout ce qu’écrivait Isaac Bashevis Singer, dans le Forverts, un journal yiddish new-yorkais. Elles datent d’époques très différentes et donnent un excellent aperçu des nombreuses facettes du talent de son auteur : elles sont émouvantes, tendres, cruelles – on a le choix. Pour des raisons inconnues, aucune n’avait fait partie des différents recueils publiés de son vivant. Isaac aimait dire que “coïncidence n’est pas un mot cacher”. Mettons alors qu’il a fallu plusieurs petits miracles pour qu’elles soient retrouvées, réunies et enfin publiées en 2004 dans le troisième volume de ses Collected Stories, sous l’égide de la prestigieuse Library of America. Mais pour d’obscures raisons de droits, elles restaient inaccessibles en français et c’est grâce à l’intervention de Jerome Charyn, admirateur inconditionnel de Singer, que nous les découvrons enfin. Il se trouve que Singer, ayant beaucoup aimé le premier roman de Charyn, Il était une fois un droshky, l’avait soutenu dès sa publication en 1964. Une boucle est donc en quelque sorte bouclée en 2011. Et cela aurait sûrement plu à notre “magicien de la 86e Rue”. Singer épaulant Charyn et Charyn donnant un coup de pouce aux Aventures d’un idéaliste. On aime à croire qu’il y a des coïncidences qui sont cacher. »Marie-Pierre BayOn (re)découvre grâce à ces treize nouvelles inédites l’univers drôle et fantasque d’Isaac Bashevis Singer. Qu’il mette en scène l’oiseau qui pourrait être la réincarnation de la « femme aux yeux noirs », un amour déçu, un manuscrit interminable ou un lacet de chaussure, il nous entraîne dans des aventures surprenantes ; pour notre plus grand plaisir.

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Génération gueule de bois

Génération gueule de bois
Author(s): Raphael Glucksmann

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Djihad au cœur de Paris, croisade anti-européenne de Poutine, FN premier parti de France, stars négationnistes du web : des forces réactionnaires que tout semble distinguer à première vue lancent un défi commun à nos principes et nos modes de vie. Jamais depuis 70 ans notre modèle démocratique ne fut si contesté. La tentation du repli gagne les peuples européens. Le face-à-face entre les islamistes et l'extrême droite menace la France de Voltaire, Brassens et Charlie. Nous étions des démocrates paresseux, des humanistes indolents. Nous devons réapprendre à dire et à défendre la République. Descendre dans l'arène et lutter. Pour une génération élevée dans le mythe de la fin de l'Histoire, la gueule de bois est terrible. Sommes-nous prêts pour le combat qui vient ?
Biographie de l'auteur
Raphaël Glucksmann est parti travailler à 20 ans à Alger au Soir d'Algérie. Au coeur d'une rédaction, il a été le témoin des fatwas contre les journalistes et les dessinateurs dont des dizaines furent assassinés par les islamistes du GIA. Il est ensuite parti en Europe de l'Est où il a vécu de l'intérieur la Révolution des Roses (Géorgie, 2003), la Révolution Orange (Ukraine, 2004) avant de devenir pendant cinq ans l'un des plus proches conseillers du président géorgien Mikheil Saakachvili. En 2013, il repart en Ukraine où il participe à la révolution EuroMaïdan comme conseiller des principaux leaders du mouvement Vitali Klitschko et Yulia Tymoshenko. Il est l'auteur d'un documentaire sur la révolution orange (Orange 2004 : une révolution européenne) et sur le génocide du Rwanda ( Tuez-les tous !).
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Contre-feux

Pierre_Bourdieu - Contre-feux
tome 1 : Propos pour servir à la résistance contre l'invasion Néo-libérale
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Cet ouvrage se révèle d'une singulière acuité dans le contexte de crise financière que nous venons de connaitre et dont nous n'avons pas fini de subir les effets désastreux.
Bourdieu avait compris avant tout le monde le caractère à la fois totalitaire et antidémocratique du projet néolibéral : totalitaire parce que ce projet entend régir l'ensemble des activités humaines, réduites à leur seule dimension économique (culture, éducation, santé, agriculture, protection sociale.....)et qu'il entend les régir sur l'ensemble du globe; antidémocratique parce que la réalité du pouvoir économique n'appartient plus aux gouvernements nationaux issus des urnes, mais à des instances bureaucratiques mondialisés (commission européenne, OMC, FMI...) auprès desquelles les multinationales exercent un lobbying de tous les instants pour faire prévaloir leurs intérêts particuliers au détriment de l'intérêt général.
" les instances internationales (...) gouvernent de manière invisible les gouvernements nationaux qui, de plus en plus réduit à la gestion des affaires secondaires, constituent un écran d'illusion politique propre à masquer les vrais lieux de décision.(...).L'économie internationale de la spéculation se trouve ainsi libérée du contrôle des institutions nationales et les taux d'intérêt tendent désormais à être fixés, non plus par les instances nationales, mais par un petit nombre d'opérateurs internationaux qui commandent les tendances des marchés financiers. (...).Cette sorte d'utopie d'un monde débarrassé de toutes les contraintes étatiques et livré au seul arbitraire des investisseurs permet de se faire une idée du monde réellement mondialisé que l'internationale conservatrice des dirigeants et des cadres de multinationales industrielles et financières de toutes les nations vise à imposer en s'appuyant sur le pouvoir politique, diplomatique et militaire d'un Etat peu à peu réduit à des fonctions de maintien de l'ordre intérieur et extérieur"
Bourdieu, s'il avait vécu, ne serait pas aujourd'hui plus explicite sur la situation du monde......

La connaissance de l'écrivain

La connaissance de l'écrivain : Sur la littérature, la vérité et la vie
de Jacques Bouveresse

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Les postmodernes ont érigé la littérature en une sorte de genre suprême, dont la philosophie et la science ne seraient que des espèces. Chacune des trois disciplines aurait aussi peu de rapport avec la vérité que les autres ; chacune se préoccuperait uniquement d'inventer de bonnes histoires, que nous honorons parfois du titre de " vérités " uniquement pour signifier qu'elles nous aident à résoudre les problèmes que nous avons avec le monde et avec les autres hommes. Une des conséquences les plus remarquables de cette conception a été de détourner l'attention de la question cruciale : pourquoi avons-nous besoin de la littérature, en plus de la science et de la philosophie, pour nous aider à résoudre certains de nos problèmes ? Et qu'est-ce qui fait exactement la spécificité de la littérature, considérée comme une voie d'accès, qui ne pourrait être remplacée par aucune autre, à la connaissance et à la vérité ?